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Emilie Chesneau-Paugam

Mon parcours en bref:

  • 2015: Diplôme de Sophrologie à l’ESSA (Ecole Supérieure de Sophrologie Appliquée), Vincennes – Sophrologue certifié RNCP.
  • 2012: Diplôme Soins Infirmiers, IFPM Orléans.
  • 2010: Diplôme Licence en Linguistique – Sciences du Langage, Université de Lettres, Orléans . 

Co-interview réalisée avec Mathieu Chesneau de Body and mind.

 

Qu’y a t-il dans ton sac à main? Le minimum! Mes carte vitale et carte mutuelle, mon permis, ma carte d’identité, mon téléphone, ma carte bleue, un stylo, mes clés. Il n’est pas rare que je ne prenne pas mon sac pour sortir, si je sais que je n’en aurais pas besoin.

Quel est le meilleur moment de ta journée ? Le moment où mon mari rentre du travail, que j’ai récupéré notre fille et que nous nous retrouvons tous les trois. Nous nous racontons alors nos journées respectives et à cela s’ensuit très souvent des discussions riches, de nouvelles idées, l’élaboration de projets. Nos discussions nous permettent d’évoluer.

Es-tu plutôt thé ou café ? Malgré que  je tente régulièrement de m’initier au thé, le café est assurément ma boisson chaude privilégiée !

Es-tu du matin ou du soir ? Du matin ! C’est sans nul doute l’un des moments forts de ma journée. D’autant plus si tout le monde dort encore. J’aime particulièrement ce moment de silence où tout s’éveille, j’aime ouvrir les volets et passer ma tête dehors, même s’il fait très froid pour humer l’air de dehors, j’ai presque envie de dire pour “goûter” l’air de dehors. C’est à ce moment de vie pure, d’éveil, que tout s’active en moi: mon corps, mon esprit, mon mental. Je pense à ma journée à venir, à ce que je dois faire et aux moments précieux qu’il faudra que je savoure… Je ne me lasse pas de voir ce processus en marche au moment où beaucoup dorment encore. C’est aussi à ce moment que je suis la plus efficace pour travailler. 

Qu’est-ce qu’une journée parfaite pour toi ? C’est une journée où j’ai accomplie ce que je devais faire et où je peux passer du temps de qualité avec mes proches. Une journée parfaite est une journée pleinement vécue, où le temps est passé vite, non pas parce que je ne l’ai pas vu passé (la journée me semblerait alors perdue) mais parce qu’il a été vécu pleinement, en présence (ce qui se conclut par une journée riche dans la vivance).

Quel est ton motto ou ta philosophie ? “Changer soi-même pour changer le monde”. C’est classique mais ô combien vrai. Nous ne pouvons espérer un monde meilleur si nous ne devenons pas meilleur nous-même. Mais c’est un travail sur soi sans relâche, une perpétuelle évolution. C’est pour moi une évidence et c’est essentiel. Je trouve cela tellement passionnant d’aller à la rencontre de soi pour tenter d’en tirer le meilleur. Il ne faut pas s’imposer des objectifs trop grands dans le but de changer radicalement. Mais plutôt se fixer des intentions raisonnables qui permettent d’être meilleur aujourd’hui plus qu’hier et meilleur demain plus qu’aujourd’hui.

Comment définis-tu le succès? Pour moi, le succès se définit, non pas comme étant un objectif à atteindre, mais comme étant le résultat constant d’un épanouissement personnel et d’un profond et sincère bonheur.

Si tu étais un animal, que serais-tu? Si je devais incarner un animal, je crois que je choisirais un rapace. Pour voler haut dans le ciel, regarder la Terre vue d’en haut, pouvoir prendre de la distance, pouvoir me laisser porter par les courants ascendants sans même battre de l’aile. Ces mêmes courants ascendants, cercles vertueux, les faisant disparaître de notre vue terrestre tellement ils montent haut.

Quels livres sont à ton chevet? Actuellement, l’attitude phénoménologique de Pierre Bonnasse et Demain est un autre jour de Lori Nelson Spielman. Et j’en ai toute une pile qui m’attend encore après ceux-là !

Que voulais-tu faire lorsque tu étais enfant ? Les souvenirs sont flous. Mais je me rappelle très bien qu’au collège, je voulais être sophrologue. Je ne sais pas comment m’est venue cette idée. Une intuition ? Probablement que j’y voyais aussi inconsciemment un besoin personnel. C’était à la fin des années 90. Je me revois très bien en train de me projeter dans un futur assez lointain dans un cabinet dans lequel je recevrais des personnes. Ce qui est drôle, c’est que ne sachant pas encore vraiment ce qu’était la sophrologie – j’en avais qu’une vague idée qui me convenait –  je me voyais dans ce cabinet mais je n’arrivais pas à me projeter en train de pratiquer. Je savais juste que j’étais sophrologue et que j’avais un local pour accueillir des gens. Je ne me suis pas orientée vers cela tout de suite, puisque dans les années 90, la sophrologie était encore méconnue. Les barrières mentales s’imposant, je me suis orientée vers d’autres disciplines. Je ne regrette pas puisque si je suis la sophrologue que je suis aujourd’hui, c’est grâce à tout mon parcours réalisé jusque là.

Qu’aimes-tu faire pendant ton temps libre? M’ennuyer pour mieux rêvasser, lire, dessiner, me balader dans la nature, cuisiner, être avec mon mari et notre fille, programmer et organiser mes prochains projets, noter mes nouvelles idées… J’ai plein de ressources disponibles pour mon temps libre ! 

Quelle a été l’innovation la plus importante dont tu as été témoin au cours de ta vie? La plus importante – et pas des moindres – c’est l’avancée technologique. Je me rappelle très bien de l’arrivée de l’ordinateur à la maison, gros et encombrant, je me rappelle des disquettes, de mon premier téléphone portable avec antenne. Et d’un coup d’un seul, nous nous sommes retrouvés avec des smartphones dont la fonction première n’est plus le téléphone, des écrans TV de plus en plus plats et de plus en plus grands, avec des offres télévisées très souvent remplies de vide, des PC portables grâce auxquels nous pouvons retrouver nos données n’importe où et n’importe quand dans le monde, via les clouds ! Et malgré que la technologie ait du bon à qui sait s’en servir et s’autodiscipliner, j’ai surtout vu la déchéance auprès de ma génération et des suivantes, parfois même auprès des générations d’avant… Collée aux écrans, s’abrutissant en pensant s’instruire, se déconnectant de la réalité et de l’expérience même de la vie, j’avoue être assez inquiète lorsque je perçois l’absence de raisonnement, d’analyse et de cohérence de cette nouvelle population addicte. Je suis moi-même prise dans ce tourbillon technologique mais – consciente – je tente de réduire au maximum l’utilisation de cette technologie pour ne l’utiliser qu’à des fins de connaissance et de savoir, ou de travail. J’ai bien dit “je tente”, car je me surprends encore à scroller les pages des réseaux sociaux, pour rien. Le tout étant de s’en rendre compte pour arrêter au bout de quelques minutes plutôt qu’au bout d’1 heure ! 

Quel est ton souvenir d’enfance préféré? J’aime fermer mes yeux et revivre ces instants passés sur la balançoire accrochée au saule pleureur dans le jardin de mes parents, lorsque j’étais petite. Mon corps se souvient des cordes rêches que je tenais fermement de mes mains, du bruit du vent dans les feuilles du saule, de la sensation des branches que je pouvais toucher en me balançant, je perçois la sensation de mon corps qui doit se pencher pour se balancer ou encore l’effet de tourbillon lorsque je tournais sur moi-même pour laisser ensuite la balançoire tournoyer seule m’emportant dans cette perte de repères. Je me rappelle de la coupole que faisait le saule, comme une bulle où je pouvais me rendre, surtout lorsque les branches n’étaient pas coupées et qu’elles touchaient presque le sol. Ces souvenirs sont toujours présents et vivants. Ils ont été ravivés lors de ma formation de sophrologie lors d’une technique de prétérisation… un délice !

Quelles phobies as-tu? Actuellement, je dirais que je ne suis pas fan du vide, j’ai une tendance au vertige… de là à être phobique, je ne pense pas. Lorsque j’étais plus jeune, j’avais peur du noir et des araignées. Alors plutôt que de vivre avec ces peurs, j’ai tenté de les apprivoiser. Et la seule manière que j’ai trouvé, très phénoménologique au final sans en avoir conscience à l’époque, a été d’observer ce qui était véritablement là. Par exemple, pour ma peur du noir, je me suis assise une nuit dans mon lit. Et après avoir respirer amplement et m’être ressaisit un minimum, j’ai observé… Ce que j’ai vu était absolument dingue: je n’ai rien vu; je n’ai rien vu qui ne soit susceptible de provoquer de la peur ! J’y ai vu des ombres qui correspondaient à chacun des meubles et objets de ma chambre. J’y ai vu le reflet des lumières de la rue traverser la fenêtre de toit et venir éclairer certaines parties de la pièce, j’y ai perçu mon lit et tout ce qui m’était familier, jusqu’à mon propre corps. J’y ai perçu et ressenti le vide, l’espace entre moi et les choses, jusqu’à ressentir ma propre présence dans cette espace, jusqu’à faire pleinement partie de l’espace lui-même. Un espace vibrant, rempli de vie et finalement rassurant !

Tu es la plus heureuse quand? Lors de ces moments du quotidien en pleine présence où je me surprend à être dans la contemplation de ce qui est. Ces moment de pleine présence sont fugaces, il faut savoir les saisir. Ce sont ces instants où le mental n’est plus, où l’espace et le temps de l’horloge se figent pour  laisser la place à, pourrait-on dire, une autre dimension, un autre rapport au monde bien plus authentique. Ce sont ces moments de contemplation du ciel, de l’écoute du vent, de la présence de mon mari et de ma fille, tout cela associés à cette sensation d’omniprésence, de remplir l’espace entier, de percevoir mon être et ce qui m’entoure. On pourrait penser qu’il s’agit là d’un discours tout fait de sophrologue et pourtant, ces instants sont véritablement des moments de grâce que je souhaite à tout le monde.

Quel est ton plus bel accomplissement professionnel ? Bien évidemment et sans surprise, mon installation en tant que sophrologue. Cela me tenait à la peau, au corps et je suis satisfaite d’avoir trouver les ressources en moi pour incarner pleinement cette belle méthode. Je souhaite évoluer encore dans ma pratique car je sais que la sophrologie me réserve encore beaucoup de beaux moments.

Sur quel projet travailles-tu en ce moment ? Je souhaite écrire des articles professionnels sur la sophrologie et pourquoi pas faire des vidéos. L’idée étant d’amener une réflexion quant à la pratique de la sophrologie, mais aussi de pouvoir faire évoluer l’image et la reconnaissance du métier… vaste projet !

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes sophrologues ? De pratiquer encore et toujours, avec une approche phénoménologique ! Nous ne pouvons pas être crédible à donner des conseils à nos clients sur leur manière de pratiquer si nous ne sommes pas nous-même dans cette démarche là. La sophrologie est une méthode expérientielle, il est évident et essentiel de continuer à la vivre soi-même pour rester dans la dynamique de la méthode et continuer d’évoluer personnellement. Cela doit être une priorité.

Avant de travailler en tant que sophrologue, quel a été le travail le plus intéressant que tu n’aies jamais fait ? Actuellement encore, j’endosse quelques heures par semaine ma casquette d’infirmière. Mon parcours m’a permis d’asseoir certaines de mes valeurs auxquelles je ne pourrais déroger. J’ai trouvé un équilibre dans ma pratique infirmière en intégrant le secteur médico-social. Je ne serais pas la sophrologue que je suis aujourd’hui si je n’étais pas passé par cette expérience professionnelle. 

Quand as-tu pratiqué la sophrologie pour la première fois? La première fois, ce fût lors de ma licence en SDL. J’avais choisi une UE d’ouverture sur un semestre concernant les pratiques “bien-être”. Nous avions eu des initiations de plusieurs pratiques: Qi-Gong, Feldenkrais et bien d’autres, dont la sophrologie. J’ai donc fait cette séance, première découverte expérientielle. La deuxième fois, ce fût à l’IFPM lors de ma formation d’infirmière. Il nous avait été octroyé un temps pour relâcher la pression avec une des formatrices qui était aussi sophrologue. Je me suis rendu compte par la suite que ces deux premières expériences avaient été finalement des expériences de relaxation, et non pas de sophrologie. Nous étions allongés et que nous faisions appel à notre mental pour visualiser un contexte et un environnement onirique agréable. La troisième fois, je m’étais alors renseignée sur les formations en sophrologie et j’avais déjà repéré l’ESSA. Je ne pouvais envisager de m’inscrire sans avoir au préalable pratiqué un temps soit peu. J’ai alors contacté une sophrologue, Michèle, avec qui j’ai fait quelques séances. Michèle avait été formée à l’ESSA, ce fût pour moi le signe que j’étais sur le bon chemin.

Qu’est-ce qui te semble le plus difficile dans ton activité de sophrologue ?  La méconnaissance du métier de sophrologue, de la part des instances mais aussi du grand public. Je pratique une méthode absolument fabuleuse et peu de monde perçoit l’immensité de ce qu’est la sophrologie, parfois malheureusement au sein même de la profession. Il y a certains fondamentaux auxquels nous ne pouvons déroger et qui se doivent d’être connus, pour que la sophrologie prenne pleinement sa place. Je regrette également que certains confrères ou certaines consoeurs se voient entre eux comme des concurrents. On m’a déjà fait la réflexion que “nous étions concurrents”, avortant de fait tous projets communs possibles. Ce terme de concurrence me hérisse les poils ! 

Qu’aimes-tu le plus dans ton activité de sophrologue ? J’aime ces moments de révélation qu’ont certaines personnes lors de la pratique. La révélation de leur propre être à leur conscience. Il s’ensuit généralement des changements qui s’opèrent à leur rythme. J’aime aussi ma propre pratique. Il y a toujours et encore tant de chose à découvrir. L’évolution est permanente ! J’aime par dessus tout, ces véritables moments de présence. Il y a alors quelque chose de profond qui se produit, d’authentique.

Si tu pouvais choisir un thème de livre que tu écrirais sur la sophrologie, quel serait-il? Les notions philosophiques de la sophrologie: fondamentaux et art de vivre (Tout un programme!).

Quels sont tes espoirs pour ton activité ? Que la sophrologie puisse être reconnue dans ce qu’elle a de véritablement fondamentale, dans son essence. Reconnue par les instances mais aussi par chacun de ceux qui rencontrent son chemin. Je souhaite qu’ils découvrent l’expérience phénoménologique de la sophrologie… alors ils auront compris… ou plutôt perçu, ressenti et pourront alors se découvrir, se conquérir et se transformer eux-même!

Juin 2020.

Mon expérience :

  • 2015 à ce jour: Consultation en individuel.
  • Septembre 2015 à Juin 2019 : Intervention dans le cadre des temps périscolaires, activité sophrologie – Orléans, Ingré.
  • Juin 2018: Membre du jury de l’ESSA lors des soutenances des futurs sophrologues de l’école.
  • Mai 2018: Conférence “Tout comprendre sur le sclérose en plaque, 3e édition”, intervention sur les bienfaits de la sophrologie, Orléans.
  • Septembre 2016: Conférence “Tout comprendre sur la sclérose en plaques”, intervention sur les bienfaits de la sophrologie, Orléans.
  • Juin 2016: Formation “La sophrologie, boîte à outils pour la gestion des émotions, à mettre en place avec les jeunes” auprès des animateurs en CLSH – Orléans.
  • Avril 2016: Formation sur “La sophrologie pour les enfants à l’école maternelle” auprès des ATSEM – Orléans.
  • Janvier 2016: Conférence “Découverte de la sophrologie” à l’association L’APACRETE d’Ingré.